BD, bientôt des bulles en 3D ?

Regard sur... par KALYDEO 9 janv. 2012 0

Du 26 au 29 janvier 2012 se déroule le festival international de la bande dessinée à Angoulême. L’occasion de faire le point sur les innovations et les nouvelles tendances dans le monde de la « BD ».

Si la traditionnelle bande dessinée papier a encore de beaux jours devant elle, la bande dessinée numérique fait une apparition remarquée, en particulier aux Etats-Unis, avec le développement des tablettes numériques. En France, l’édition numérique en tant que modèle économique semble encore chercher ses marques.

Un des premiers à se lancer dans l’aventure de la BD numérique fut la maison d’édition communautaire Manolosanctis, qui proposa dès 2009 un modèle hybride : elle permettait à de jeunes auteurs de publier leurs œuvres en ligne gratuitement et d’éditer ensuite les BDs qui rencontraient le plus de succès auprès des internautes. Malgré une trentaine de publications en un peu plus d’un an, Manolosanctis décide de faire machine arrière fin 2011 car le projet n’est pas rentable et choisit de se recentrer sur son domaine d’expertise initial : faire évoluer le monde de l’édition grâce aux nouveaux outils disponibles. Elle démarre donc ce mois de janvier un nouveau projet pour proposer aux auteurs une offre d’autoédition.

Un exemple de succès numérique récent est celui de la BD novela Les Autres Gens. La BD novela est un feuilleton quotidien en BD qui repose sur le modèle suivant : soit l’internaute s’abonne pour suivre les épisodes chaque jour en ligne, soit il achète les ouvrages qui sortent en librairie à intervalles réguliers. Ce projet rassemble une soixantaine d’auteurs et a démarré sa 2ème saison en septembre 2011.
Face à ces initiatives, quelle est la stratégie adoptée par les poids lourds du 9ème art ? Ces derniers, comme Dargaud ou Dupuis ont choisi de miser sur le modèle très en vogue du participatif. A l’instar de l’industrie du disque, ils ont lancé en octobre dernier My Major Company BD. Les internautes peuvent cette fois investir des parts dans des sujets pré-sélectionnés et en échange bénéficier d’avantages exclusifs tels que des rencontres avec les auteurs, les planches en avant-première etc… Contrairement au modèle de Manolosanctis, ce système, en faisant participer des lecteurs à des projets d’édition, semble garantir la rentabilité d’un ouvrage avant même qu’il soit publié.
Ces nombreuses initiatives des différents éditeurs semblent indiquer que, si le secteur de la BD numérique tarde à décoller en France, c’est plutôt la demande qui fait défaut et non l’offre. Le défi majeur des éditeurs traditionnels est en effet de concurrencer avec des offres payantes les blogs BD gratuits. Il existe un public qui est prêt à lire sur écran, mais existe-t-il un public prêt à payer pour lire sur écran ? L’Observatoire de la BD numérique, qu’anime l’éditeur Manolosanctis, avait publié une étude en 2010 révélant que seuls 8% de sondés pensent que le smartphone est l’avenir de la BD et 71% de gens interrogés restent attachés au papier dans l’avenir. Plus intéressant : la moitié des sondés reconnaissent qu’ils téléchargeraient plus de BD sur smartphone si c’était gratuit.

Une nouvelle illustration qui rappelle qu’une innovation n’en devient réellement une que lorsqu’elle rencontre son public.

Auteur : Olivier CABEDOCE

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