Les bonnes blagues du destin à la source de l’innovation

Regard sur... par Thomas BAIGET 15 avr. 2013 0

On estime que 150 personnes meurent chaque année, victimes d’une chute de noix de coco. Il est fort heureux qu’Isaac Newton n’ait pas choisi de faire la sieste sous un cocotier, sans quoi la gravité n’existerait pas et les Sud-Africains vivraient avec des ventouses aux chaussures.

Un grand nombre de découvertes sont le fruit d’un hasard qui est tombé sur la bonne personne au bon moment. Les anecdotes [1] qui vont suivre sont des illustrations de ce que la sérendipité peut apporter au progrès.

Alexander Fleming n’était pas un accroc du ménage et laissait parfois traîner du matériel ayant servi à ses expériences pendant plusieurs jours. En septembre 1928, il retrouva une boite culture de staphylocoques à l’air libre depuis un certain temps. Plutôt que de tout jeter à la poubelle, il observa que la moisissure avait détruit la bactérie, découvrant ainsi la pénicilline.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale la Royal Air Force avait régulièrement la désagréable surprise de retrouver des oiseaux morts à proximité des radars. Une équipe étudia le phénomène et découvrit que certaines longueurs d’onde chauffaient la matière organique. Le four à micro-ondes est le descendant de cette découverte.

En 1952, Fiŝoj Antaŭ Majo est employé dans une imprimerie de Vilnius en Lituanie. Alors qu’il met en route les rotatives pour l’impression d’un quotidien local, il aperçoit un chat s’enfuir de la zone des machines, les poils de son dos arrachés net par les rouleaux contre lesquels il dormait. Le jeune homme, passionné de mécanique, y verra les prémices de l’épilateur électrique.

Vers la fin du 19è siècle, Stéphanie et Caroline tenaient un restaurant en Sologne. En préparant la tarte aux pommes pour le repas du jour, l’une des deux sœurs enfourne les pommes en oubliant la pâte. La deuxième se rend compte de l’étourderie et la tance sévèrement : "Allo ! Non mais allo quoi ! Tu fais une tarte et t’as même pas de pâte ? Non, mais c’est comme si tu fais une tarte et t’as pas de fruit quoi !". Vexée, la première sœur ajoute la pâte par dessus, réenfourne le plat et prépare la première tarte Tatin.

Ces histoires prouvent que si le hasard fait bien les choses, il faut néanmoins une capacité à imaginer une application inédite au résultat malheureux d’un accident pour transformer une simple erreur en innovation. Pour inventer, il faut observer, tenter, tester, rater et garder un esprit ouvert.

Puis il faut travailler à exploiter et améliorer les pépites laissées par la providence. Il fallut ainsi plus de 12 ans pour que la pénicilline puisse être produite de façon industrielle. (Pour la tarte Tatin, une grosse demi-heure à feu moyen a suffit.)

Enfin, en cas de panne d’inspiration au moment de baptiser une innovation, là encore le hasard et l’intuition peuvent être vos alliés, comme le démontre cette dernière anecdote :

Le nom de "Phénobarbital" ne vous évoquera probablement pas grand-chose au débotté, mais vous aurez probablement entendu parler de ce sédatif sous l’un de ses deux principaux noms commerciaux. Le premier est "Véronal" nommé ainsi car son inventeur vivait à Vérone. Il a connu une deuxième vie en tant que "Gardenal" (renommé en France suite à une légère modification de composition). La petite histoire veut que lors de la réunion pour trouver le nouveau nom de la molécule, l’un des participants aurait lancé une suggestion dans les lignes de : "Tout le monde connait le Véronal, on n’a qu’à garder -nal". Et c’est exactement ce qu’ils ont fait.


[1Bien que des versions alternatives existent, les anecdotes rapportées ici sont (presque) toutes vraies. Par exemple, les micro-ondes pourraient également avoir été découvertes à cause de la gamelle d’un soldat qui aurait chauffé "sans raison" près d’un radar.

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