Sébastien BOURBOUSSON, directeur de my-écovélo

Rencontre avec... par Cécile SODJI 13 nov. 2013 0

31 ans, ingénieur diplômé de Centrale Paris en 2007, a passé 2 ans dans l’incubateur de Centrale Paris pour créer Développement Sans Frontières et a codirigé cette organisation pendant 6 ans. Passionné d’entrepreneuriat et fin technicien, il dirige aujourd’hui my-ecovelo, un concept innovant et social. My-ecovelo est un concept de sponsoring des vélotafeurs : les personnes qui roulent pratiquement quotidiennement pour se rendre sur le lieu de travail. L’innovation, pour Sébastien BOURBOUSSON, est la conséquence d’un besoin mal rempli ou mal identifié.

KALYDEO : my-écovélo a été lancé en mars 2013, quel est le concept ?

Sébastien Bourbousson : C’est un concept de sponsoring des vélotafeurs : les personnes qui roulent pratiquement quotidiennement pour se rendre sur le lieu de travail. Nous nous sommes inspirés du sponsoring professionnel dans le domaine sportif pour créer my-écovélo.

K : Qu’est-ce qui fait que c’est un concept à la fois innovant et social ?

S.B. : Innovant et social, parce que nous proposons une incitation à la pratique du vélo en ville, grâce à un loyer versé au « cycliste du quotidien » en fonction de la distance, des lieux parcourus et des heures de stationnement réalisées. Les vélos sont équipés d’un boitier amélioré de tracking. Les rémunérations mensuelles sont calculées automatiquement cycliste par cycliste en fonction de l’utilisation faite des vélos. Nous proposons un affichage publicitaire plus réduit. Nous valorisons une mobilité et une publicité douce. Les vélos seront entretenus par des personnes en parcours d’insertion professionnelle. Vous pouvez réservez votre « écovélo » sur le site internet www.my-ecovelo.fr.

K : Quel est le business model ?

S.B. : Le client c’est l’annonceur, le publicitaire. Il loue des espaces publicitaires comme il les louerait sur du mobilier urbain. Entre 25% et 50% du revenu est reversé au cycliste (loyer publicitaire). Entre 50% et 75% du revenu finance la distribution, le montage et l’entretien, les frais de gestion, de communication et la réparation des dégradations. Dans notre concept, ce dernier point est crucial : c’est coûteux de maintenir un parc de vélo, propre, non tagué, fonctionnel.

K : Ingénieur de formation, vous avez travaillé et innové dans la solidarité internationale avant de développer écovélo… que vous appris la solidarité internationale en matière d’innovation ?

S.B. : Mon expérience fut dans l’aide au développement qui est une des branches, à côté de la branche « urgence » d’une part et de la branche « reconstruction » d’autre part, du secteur de la solidarité internationale. Les ONG à l’étranger, localement avaient besoin de ressources humaines compétentes bénévoles et en France énormément de gens étaient prêts à être volontaires. Et à l’époque, ce qui n’est plus le cas maintenant, le marché n’autorisait que les experts à partir. Avec nous (Développement sans frontières) tout acteur pouvait s’engager à partir du moment où l’ONG était d’accord. C’était une nouvelle forme de recrutement pour les ONG locales.
En solidarité internationale, il faut en permanence se remettre en question, aller chercher des modèles économiques complexes car le client est un bénéficiaire qui n’a pas d’argent. L’innovation, pour moi, est la conséquence d’un besoin mal rempli ou mal identifié. Les usages recherchés vis-à-vis de ces besoins sont la source de l’innovation.

K : Auriez-vous un conseil à donner pour innover ?

S.B. : Lorsque l’on souhaite innover, on réfléchit souvent plus au produit qu’au client. Réussir un projet innovant, c’est aussi penser aux clients ! Ce qui stimule mes idées, c’est la diversité de toutes les expériences et les projets que j’ai pu mener, c’est de mélanger les choses, d’enlever les barrières intellectuelles, mélanger les technologies et les domaines d’applications, les adapter à différents contextes culturels.

K : Enfin quel serait votre rêve d’innovation pour la solidarité internationale ?

S.B. : Ce serait de trouver une alternative au transport aérien. La dématérialisation de l’aide via internet est par exemple une bonne piste qui commence à être exploitée.

K : Aimeriez-vous ajouter quelque chose sur l’innovation en lien avec votre expérience passée dans la solidarité internationale ou avec my-écovélo ?

S.B. : Oui, sur ce que je vis au niveau du concept my-écovélo … Ce concept mêle innovation technologique, innovation de service et innovation sociale et il ne faut pas avoir peur du tout innovant ! enfin le mot innovation est beaucoup utilisé mais présenter un projet innovant de manière simple et claire sans parler explicitement d’innovation peut aussi se révéler innovant !

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